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Old library À l’ouverture de cette rubrique, tu remarqueras ami lecteur, qu’elle est celle du pays de l’imaginaire où sont rangés nos livres les ​​​​​​​plus chers, chargés de l’espoir de nos traces. Qu’elle est composée avec les mots inventés par les hommes. En de courts extraits, tu es invité à​​​​​​​ y lire les paroles ruisselantes des odes à la solitude et à l’ouverture de soi, les paroles de la nuit et du plein jour, soit le message éphémère de la littérature. 


 

Livre premier : Le petit prince, d’Antoine de Saint-Exupéry

Au mois d’avril 1943, paraît à New-York, Le petit prince, écrit d’une plume en état de grâce par « l’écrivain-aviateur » Antoine de Saint-Exupéry, alors âgé de 43 ans. Traduit en 454 langues et dialectes, ce livre est, après la Bible, le plus lu au monde.
C’est un récit, composé d’images poétiques. Celles de l’enfance à jamais éteinte mais vivante, instants de vie rétroactifs, sublimés, tapie dans la mémoire de son auteur en une fragile et innocente liberté.
Un aviateur, à la suite d’un incident mécanique culbute dans le désert. Aux portes de la mort, alors que sa réserve d’eau est quasiment épuisée, surgit l’improbable : un enfant blond comme les blés émerge de l’immensité, tout
surpris de rencontrer enfin un homme. Bavard, un peu renfrogné, il vient lui faire la causette, signalant à l’aviateur empêtré dans la réparation de son moteur qu’il habite quelque part dans le ciel une toute petite planète, l’astéroïde B312, où il a vu un jour le soleil se coucher 43 fois !

Précisément « 43 » ?

Ce chiffre incrémente-t-il un roman sur le rien, cher à Flaubert, la coïncidence avec le signe prémonitoire d’une fin de passage terrestre et Le petit prince sa trace testamentaire, car le 31 juillet 1944, Antoine de Saint-Exupéry décolle de l’aéroport de Bastia Coretta en Corse pour une mission de reconnaissance dans la région de Grenoble où il disparaît. Les circonstances de sa mort demeurent mystérieuses. L’hypothèse la plussouvent retenue est, qu’il ait été abattu par un ou plusieurs chasseurs allemands.


Chapitre XXI : Le petit prince rencontre un renard dans le désert

C’est alors qu’apparut le renard.
 - Bonjour, dit le renard.
 - Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.
 - Je suis là, dit la voix, sous le pommier…
 - Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli…
 -  Je suis un renard, dit le renard.

 -  Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste.
 -  Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.
 -  Ah ! pardon, fit le petit prince. 

Mais après réflexion, il ajouta :
 - Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?
 - Tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches-tu ?
 - Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser ? »
 - Tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches-tu ?
 - Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?
 - Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C’est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C’est leur intérêt. Tu cherches des poules.
 - Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?
 - C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « créer des liens… »
 - Créer des liens ?
 - Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…
 - Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur. Je crois qu’elle m’a apprivoisée…
 - C’est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses…
 - Oh, ce n’est pas sur la Terre, dit le petit prince.

 Le renard parut très intrigué :
 -  Sur une autre planète ?
 -  Oui.

 - Il y a des chasseurs sur cette planète-là ?
 - Non.
 - Ça, c’est intéressant ! Et des poules ?
 -  Non.
 -  Rien n’est parfait, soupira le renard.

Mais le renard revint à son idée :
 - Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais, si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des cheveux couleur’ d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé.

 

 

 

Antoine de saint exupery

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Capture d ecran 2025 02 20 163621Lecture du chapitre XXI : Le petit prince rencontre un renard dans le désert